JOEY

Portrait

Lucie, belle-maman à mi-temps de Lucas 9 ans et de Constance 5 ans, Paris.

Fondatrice de la marque JOEY PARIS. Étonnante et déterminée. Lucie propose une collection de prêt-à-porter et d’accessoires pour bébé, mixte, pratique et élégante. JOEY, c’est à la fois des essentiels revisités comme le body croisé jusqu’à 24 mois et le bavoir en éponge, absorbant et ajustable. Mais aussi des pièces étonnantes et évolutives comme la cape de bain, la cape de pluie… Je vous ai parlé de ses adorables motifs ? Oui je suis complètement conquise ! Je vous invite à découvrir le portrait de cette créatrice. Une jolie rencontre.

JOEY

Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours un peu « particulier ». J’ai vécu 18 ans en Italie à partir de mes 5 ans. J’ai donc eu la chance après mon bac littéraire (que j’ai eu à l’école française de Milan) d’intégrer une école de design dans laquelle j’ai obtenu un diplôme en Product Design.
J’ai ensuite gagné une bourse pour un master dans la même école, en communication de produit. Ces 5 années d’études m’ont d’abord permis d’apprendre qu’un produit a raison d’être bien sûr par son esthétisme mais aussi et surtout pour sa fonction. Il doit répondre à un besoin et être pensé très précisément afin de s’intégrer le plus naturellement possible dans le quotidien de son utilisateur.
Mon master m’aura permis d’appréhender une dimension plus complète d'un projet : répondre à un brief précis d’une entreprise, être techniquement et financièrement optimisé, rentable et market ready.


A quel moment vous êtes-vous lancée dans l’aventure JOEY PARIS ?

Mon dernier projet de master nous avait été donné par Universal Music Italy (la maison de disque). Ma proposition de produit étant retenue, j’ai obtenu un stage de 6 mois ! J’ai pu intégrer l’entreprise et la division qui géraient les produits dérivés des artistes. Nous agissions en fait comme une agence de pub en interne, nous étions chargés de penser et de packager des écosystèmes qui offraient aux clients de nos clients de la musique gratuite, des concerts exclusifs, des objets pensés exclusivement pour ces partenariats.
Ce fut une révélation ! Moi qui n’avais jamais fait de commerce ni de marketing, j’ai eu la chance de vivre cette expérience !
A la fin de mon stage, le siège de l’unité New Business monde d’Universal Music (Universal Music Group and Brands) m’a proposé un CDD sur Paris, puis un CDI. Voilà comment je suis arrivée à Paris, il y a 6 ans !

 


Un univers bien loin de celui de Joey… Que s’est-il passé ?

3 ans plus tard et un burn out, je décide de participer à un projet social en Australie, bénévolement pendant un an. Je m’y rendais par tranches de 15 jours, soit 8 fois au total, pour a der à la mise en place d’incubateurs de projets sociaux dans les zones rurales autour de Melbourne. La personne à la tête de ce projet était une grande visionnaire, qui m’a apprit que tout le monde a une part de créativité en soi et que c’est bien souvent la clé de beaucoup de choses !
A ce moment là, je savais que je voulais lancer mon propre projet et ça a été l’occasion pour moi de le murir. Je n’étais pas styliste de formation mais la mode a toujours été une passion. L’univers de l’enfant m’a toujours attirée, c’était décidé, ce serait une marque pour enfant !

Vous vous lancez en juin 2015. Par quoi commencez-vous ?

Tout d’abord je planche sur le business plan. En septembre je lance une campagne de financement participatif sur KissKissBankBank qui fut un succès et qui me permet de tester mon concept, la marque, de recueillir des infos précises sur les habitudes de consommations des gens et surtout de lancer la production de notre premier produit, le Body K, croisé jusque 24 mois!
6 mois plus tard et quelques voyages au Portugal après pour trouver l’atelier de confection parfait, je lance en juin 2016 mon site internet et ma première collection de prêt-à-porter et accessoires pour bébés.


D’où viennent le nom et le logo JOEY PARIS ?

Joey vient donc d’Australie ! Cela signifie “bébé kangourou” en Australien et c’est aussi un petit surnom que les maman donnent à leur enfants. J’ai été fascinée littéralement la première fois que j’ai eu l’occasion de voir des kangourous, en pleine nature. J’ai été frappée par la douceur de leur visage et par leur force. J’ai trouvé extraordinaire le fait que les femelles aient cette habilité de porter leur bébé dans leur poche, une fois les avoir mis au monde. Une manière de les protéger et de continuer à les faire grandir avant qu’ils n'affrontent le monde extérieur.
Ça a d’abord été le nom de code du projet et puis je n’ai jamais réussi à m’en séparer. Ça m’a progressivement inspiré au niveau du style, notamment pour le dessin de mon premier motif à museaux de kangourous. C’est aussi pour cela que l’on retrouve des poches partout et le “hop hop hop” iconique sur notre bloomer, un rappel aux bonds des kangourous ! J’aimais aussi le fait que ce soit un prénom, mixte en plus ! Mon bébé à moi était né.


Quelles sont les valeurs, l’esprit de la marque ?

Dès le début, je n’ai eu qu’une obsession. Celle de proposer des articles de qualité, utiles et au prix juste, toute l’année. Je pense mes créations pour qu’elles facilitent le quotidien, j’aime à croire que ce sont des produits fiables qui se rendent vite indispensables !
J’aime l’idée que les vêtements puissent accompagner les petits sur plusieurs saisons, qu’ils puissent être donnés aux frères et soeurs ou au cousins, car la qualité le permet.

Justement, comment travaillez-vous ?

J’ai créé il y a deux ans une gamme d’Essentiels Intemporels, cet été, nous avons sorti une nouvelle collection d’essentiels plus estivaux, et dans quelques semaines des produits plus hivernaux arriveront !

C’est très important pour moi d’être bien entourée, conseillée ou informée car n’étant pas maman moi même, je me pose toujours la question de la légitimité de tel ou tel produit que j’imagine. Je fais d'abord un premier croquis puis une fiche technique avec des détails précis: la matière souhaitée, les détails de broderie, les détails techniques… je l’envoie ensuite à l’un de mes ateliers en fonction de leur domaine de compétence et ils dessinent le patronage puis montent un premier prototype. Nous le retravaillons ensuite ensemble, jusqu’à ce que ce soit parfaitement satisfaisant.

 

Et les motifs, ils sont propres à Joey ?

Au niveau des textiles, j’aime que nous ayons nos propres motifs. J’ai dessiné le premier puis ai vite eu a coeur de travailler avec une designer textile que j’adore (Charlotte Janvier) qui m’a aidé à mettre en forme mes idées pour notre motif d’été et pour celui de l’hiver qui arrive !

 
Quelles sont vos matières de prédilection ?

Pour garantir une parfaite innocuité de nos textiles pour les enfants, toutes nos matières sont labellisées Oeko-Tex Standard 100 ce qui garanti qu’aucun produit nocif n’est présent dans les fibres ou les teintures utilisées. Bien souvent nos matières sont également Bio. Tout est confectionné dans des ateliers spécialisés en puériculture.
Nous utilisons principalement le coton (sous toutes ses formes: double gaze, mousseline, molleton, jersey) car c’est la matière la plus douce, confortable et surtout pratique pour l’entretien ! Et bien sûr, l’éponge toute douce et épaisse pour tous nos accessoires.

 

Quelles sont vos inspirations ?

Je m’inspire du monde qui m’entoure, de mes amis, de ma famille, des expériences de chacun et de mon vécu d’enfant aussi. Toutes ces pièces qui ont marqué mon enfance je les ai rééditées chez Joey.
Je suis passionnée par le graphisme et en particulier les illustrations. Bien sûr, le design industriel est également une grande source d’inspiration pour moi. Et évidemment, l’Australie a été ma plus grande source d’inspiration pour mes premières collections et pour construire l’ADN de Joey.
Tous ces animaux sauvages peu connus ou peu représentés me fascinent ! Pour la collection de cet hiver, j’en suis un peu sortie mais je ne suis pas allée très loin. Je vous emmène en Nouvelle Zélande ! 


Des envies, des projets pour JOEY PARIS ?

Cet été, j’ai eu 30 ans et Joey en a eu 2. Je suis tellement heureuse du chemin parcouru, quoi qu’il arrive (car rien n’est jamais gagné), j’aurai été au bout de mon rêve. Je pense que c’est une vraie chance !
A la rentrée, j’ai déménagé dans mes premiers vrais bureaux, avec une petite vitrine rien qu’à nous, sur la rue ! Un vrai rêve qui s’est réalisé.
Ce qui me satisfait le plus dans l’évolution de Joey, c’est que ça me permet de concrétiser des envies de projets fous ! Et en particulier des collaborations avec des marques et des créateurs que j’admire. C’est l’une des choses que je préfère, faire se rencontrer deux univers et réfléchir ensemble à des créations uniques.
C’est ça aussi, ma vision du madeinsavoirfaire, aller chercher ce qui se fait de mieux et ceux qui le font le mieux. Travailler ensemble c’est tellement mieux !
C’est ainsi qu’est né notre doudou Kangourou, créé avec la marque Main Sauvage, (en ligne le 28 octobre). Nous préparons aussi une autre très belle collab pour Noël !
Mais mon plus grand projet, c’est celui de continuer de voir grandir mon petit Joey, ici en France mais aussi à l’étranger et de continuer à prendre autant de plaisir à créer !

En plus:

Concernant le Kimono, je vous conseille de lire l'interview d'Elise Gautier sur les bienfaits de l'emmaillotage.