SHANDOR

Portrait

Camille, maman d’Ysé, campagne normande.

Fondatrice de la marque SHANDOR. Inspirante et engagée. Cette créatrice réalise des motifs Arty qu’elle décline selon ses envies : langes, coussins, tentures, affiches. Un univers coloré, graphique et design qui trouvera sa place dans la chambre de votre enfant où comme moi, dans votre salon! Matières naturelles et recyclées, fabrication éthique et responsable, Camille fait les choses bien ! Je vous laisse découvrir son interview !

SHANDOR

Quel est votre parcours ?

J’ai suivi des Etudes d’art contemporain à Rennes. Petite déjà, je dessinais des habits à des personnages que j’inventais. Je pouvais même avoir des histoires qui duraient sur une année complète avec différents personnages. Alors je m’appliquais et passais du temps à dessiner leur costumes. Je crois que la passion du dessin et du textile a toujours été là. En grandissant je me suis donc dirigée vers le dessin et les arts plastiques.

Pendant cinq ans, à la fac, j’ai pu découvrir et expérimenter toutes sortes de techniques artistiques autour de l’image comme  la sérigraphie, la photo, le collage, la peinture, le dessin…

 

A quel moment vous êtes-vous lancée dans l’Aventure SHANDOR ?

Je voulais enseigner les Arts et puis ma maman est tombée malade, cancer du sein. Je mets alors entre parenthèses mes études pour m’occuper d’elle. Elle portait des foulards à défaut de mettre une perruque qu’elle n’aimait pas. J’avais du mal à lui trouver de beaux accessoires, de beaux motifs, de belles matières avec de belles couleurs. Quelque chose qui ne fasse pas trop vieillot. Pourquoi ne pas dessiner mes propres motifs et créer mes propres foulards ? Le foulard s'est révélé être pour moi le support parfait pour marier le dessin au textile. J’ai commencé à faire des recherches, suivre une formation de deux mois pour pouvoir ouvrir mon entreprise. Ça c’était moins sympa mais indispensable !

Après cette formation, je me suis inscrite à un concours pour les moins de 30 ans, qui avaient un projet à soutenir dans la région de Limoges autour du textile. J’ai gagné 10 000 euros. Ça m’a permis de commencer, d’acheter du tissu et de financer ma première collection. La même année, je lance ma marque et je tombe enceinte ! Timing parfait, de nouvelles inspirations arrivent mais le rythme est soutenu. 

 

D’où vient le nom SHANDOR ?

Il s’agit du prénom de mon grand-père, d’origine hongroise, qui signifie « courage » et « force ». Je trouvais cette signification totalement cohérente avec mes créations, mes envies. Ma grand-mère m’a toujours raconté que Shandor avait quitté son pays pour fuir la guerre et qu’il était d’une gentillesse extrême. Pour moi ce nom a du sens et j’aime sa sonorité.

 

Quelles sont les valeurs de la marque ?

Ce qui compte pour moi c’est de bien faire les choses. Rendre heureux tous les gens qui travaillent avec moi jusqu’à ceux qui achètent mes créations. Le choix des matières compte beaucoup d’autant plus depuis que je suis devenue maman. Utiliser des matières qui vont respecter l’environnement. Faire ce choix va peut-être sensibiliser les grandes marques, la clientèle. On est tout petit mais je pense que l’on peut, à notre échelle, avoir un impact. Les consciences se réveillent. Il est nécessaire aujourd’hui d’entreprendre différemment et d’oeuvrer pour une consommation qui ait du sens.

 

Justement, comment travaillez-vous et quelles matières utilisez-vous ?

Je commence toujours par un dessin, un motif. Je fais aussi beaucoup de tableaux d’inspiration. Les collections sont confectionnées avec le plus grand soin dans des ateliers français et européens, dans un souci de fabrication éthique et responsable. Chaque fabriquant a sa spécificité.

Par exemple, pour les foulards, il s’agit d’un fabriquant de la région lyonnaise. Dans cette région, il existe encore quelques entreprises qui savent imprimer sur de la soie. Une matière naturelle qui est bien lisse et brillante. Ils s’occupent donc de l’impression et de la découpe.

Pour les langes, l’imprimeur textile est à Berlin. C’est chez lui que j’ai pu trouver une mousseline de coton bio d’une grande qualité. En plus je sais qu’il va faire très attention aux encres qu’ils utilisent. C’est indispensable pour ces matières qui vont être mâchouillées par des enfants ! Le lange est donc imprimé puis je récupère les rouleaux, je gère la découpe avant de passer le relais à un atelier de réinsertion sociale basé juste à coté de chez moi. Cet atelier gère les finitions, les ourlets et la pose des étiquettes.

Les tentures murales sont aussi imprimées à Berlin. Il s’agit là d’une matière recyclée à partir de bouteilles en plastique qui sont ensuite transformées en fil. Une fois imprimée, je gère ensuite la finition moi-même. Enfin, les coussins, en velours, sont eux imprimés en Alsace.

 

Quelles sont vos inspirations ?

Je m’inspire beaucoup de mes études sur l’art contemporain et l’art graphique en général. Mais aussi l’art moderne des années 20 à 80, la décoration et le milieu du design. Je regarde beaucoup de magazines pour sentir les tendances. Evidemment les musées d’art, à chaque fois que j’en sors je dessine.  Mais ça peut aussi être un graffiti que je vais voir dans la rue.  

 

Des envies, des projets pour SHANDOR ?

Plein ! Je viens de commencer une collection d’affiches. Depuis quelques mois je ne m’interdis plus rien ! Je concrétise mes envies. J’ai actuellement des envies de papeterie, des propositions de créations de motifs pour une marque de sac et de vêtements pour femme. Plusieurs collaborations, d’autres collections enfant.

Avant je pensais que pour que ça marche il fallait se tenir à une seule sorte d’objet. En fait plus je me diversifie et plus je prends du plaisir. Ma spécialité c’est la touche arty dans mes motifs, je peux ensuite la décliner !