ASTRID LECORNU

Portrait

Créatrice textile de la marque ASTRID LECORNU, Astrid aime raconter des histoires avec ses aiguilles, ses fils, pinces et ciseaux. Elle donne vie, dans son atelier, à ses fils de fer et propose, notamment le médaillon laurier avec au centre le prénom de votre enfant. Une pièce unique, idéale à offrir pour un cadeau de naissance ! Un univers féérique et contemporain. Astrid a accepté de répondre aux questions de LCDC, découvrez ses passions et sources d’inspiration.

ASTRID LECORNU

Quel est votre parcours ?

J’ai toujours travaillé dans la création textile. J’ai d’abord suivi une formation dans les arts appliqués à L’ENSAAMA (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art à Paris) puis à l’ESAAT (École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile à Roubaix). Et depuis maintenant 13 ans, je travaille pour des maisons de couture, je réalise des broderies pour des collections de vêtements, en freelance, de manière indépendante. Je fais ce que l’on appelle de « la manipulation textile ». Pour moi, il s’agit de l’art du fils.

Vous travaillez notamment pour la maison CHANEL, que faites-vous concrètement ?

Je travaille une technique bien spécifique, que l’on appelle le gallon. Il s’agit d’une petite bande de broderie qui vient border une veste, ça fait partie des finitions, de la signature de la marque CHANEL. La maison de couture a besoin de moi lors de ses collections, environ 8 par an, ça semble peu, mais le rythme est  vraiment dense et c’est passionnant !

Vous arrivez tout de même à consacrer du temps à votre marque, à développer vos créations ?

Oui, j’aime tellement ça, qu’en parallèle j’arrive à prendre le temps de créer, même si ce n’est pas toujours évident. Je travaille le fil de fer à travers des petites créations, des scénettes… Quand j’ai commencé, ce n’était que pour la famille, les amis, j’en offrais dans les ateliers de couture où je travaillais. Puis le bouche à oreille s’est fait petit à petit. J’ai été contacté pour réaliser des créations pour décorer des vitrines de boutiques, notamment celle d’une collègue créatrice, Alexandra François, puis celle de Princesse Tam Tam (des oiseaux), de Repetto (une petite danseuse dans une boîte à musique).

Vos deux métiers sont de véritables passions ?

J’aime ces deux métiers : travailler pour des collections de maison de couture et pour mes propres créations. L’un va nourrir l’autre. J’aime accorder les deux, j’habille le fil de fer de textile. Je dois avouer que ma passion pour la création prend de plus en plus de place. Je garde néanmoins 2 à 3 collections de couture par an. Je suis aussi maman depuis trois ans alors je dois répartir mon temps. Le rythme est soutenu mais comme je suis entre l’art et la création il m’est difficile de déléguer, chaque article est une pièce unique.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Il y en a beaucoup ! ça peut venir de la nature, comme la campagne, les oiseaux, les végétaux. J’aime aussi prendre des idées dans l’univers baroque ou encore dans la littérature, par exemple un recueil de contes « le cabinet des fées ».

Je m’inspire aussi beaucoup de mes origines, suédoises et polonaises. De son côté, mon père est breton, alors j’adore l’idée de découvrir et décortiquer les fameuses légendes bretonnes !

Un autre univers, qui me vient encore de mon père, celui de l’art japonais. Depuis 7 ans, j’étudie l’art traditionnel de la cérémonie du thé japonais que l’on appelle « chanoyu ». C’est comme une discipline, je trouve que c’est vraiment le carrefour de tous les arts. Cet univers artistique me nourrit. Enfin, Victoire ma fille. Depuis sa naissance, j’ai créé plein de nouvelles choses.

Comment travaillez-vous ?

Soit je dessine avant (j’ai des tas de carnet et de croquis), soit je travaille directement le fil, parce que je visualise dans ma tête ce que je veux faire.

Quelles sont vos matières de prédilection ?

Le fil laiton, le cuivre émaillé, le fer, le ruban, la laminette (fil argent et doré, entre le fil métallique et textile), le lurex, le coton et le papier.

Des projets, des envies pour votre marque ?

Deux fois par an, j’organise dans mon atelier des stages.  Je reçois des petits groupes de personnes (4-5 max) sur des demi-journées. Comme ça, je peux transmettre un peu et prendre le temps de faire découvrir ma passion. Concernant mes créations, j’aimerais proposer des produits « standard » mais aussi des capsules, des petites séries. A long terme, je souhaite avoir une boutique-atelier.